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CULTURE | 05 Sep 2008
Peinture : La danse se dessine
Avec "Les danseurs et les associations ", Ezechiel Iloga signe sa rentrée au Centre culturel français.
Josiane Tchakounté (Stagiaire)

Un ciel tout bleu, la terre, un danseur en mouvement et en arrière plan un objet. C'est la constance que l'on observe sur l'ensemble des 16 toiles exposées depuis lundi le 1er septembre dernier dans le hall du Centre culturel François Villon (Ccffv) de Yaoundé. Ici en effet, chaque tableau porte le nom de l'objet qui y est peint en arrière-plan. De ce fait, le deuxième tableau intitulé "La danse de la houe"; présente un danseur devant une houe. Quelques mètres plus loin, "la danse du fagot" attire le regard du visiteur. Il s'agit ici d'un fagot de bois peint avec un danseur. Une calebasse, un tam-tam, une fourchette en bois, une guitare en bois, un mortier, un balafon et bien d'autres objets ont permis à l'artiste sourd-muet de partager ses émotions avec le public.

Pour Ezéchiel Iloga, "Les danseurs et les associations", a pour but de "révéler au public l'importance de la danse africaine. Les objets représentés en arrière plan présente une association particulière de danse. C'est la raison pour laquelle l'argile est utilisée en même temps que les couleurs telles le bleu, violet, jaune, rouge et du blanc pour que l'image soit frappante, sont utilisées". Ces couleurs vives, confie l'artiste sourd et muet depuis son jeune âge, il les utilise pour donner du volume à ses œuvres à travers lesquelles il laisse transparaître sa sensibilité. Un peu comme dans "Badauds de la nuit à la poste", une exposition présentée au public en 2007 au musée national et qui posait le problème du chômage au Cameroun. A cette époque, s'interrogeait-il: "Il est bien de vivre dans un pays en paix. Mais, la paix seule suffit-elle ?"

Avis
Coté visiteurs, il y'en a qui trouvent les tableaux un peu plus expressifs que les autres. C'est le cas de Roger Etomo, qui à ses habitudes au Ccf de Yaoundé. " Les couleurs, pense-t-il, sont vivantes et attirent l'attention de celui qui regarde. Les tableaux sont facilement expressifs et on peut se permettre de les interpréter sans avoir recours à un expert en l'art ". Nickel Kamen quant à lui, admire plutôt la touche du peintre: "Il a un bon coup de pinceau. La superposition des couches de peinture laisse voir une certaine maturité dans le travail de l'artiste. Le travail de finition est là bref c'est beau", révèle-t-il en admirant avec soin les tableaux. Le coût des tableaux qui a été fixé au prix unique de 50.000Fcfa ne laisse personne indifférent alors que le côté culturel de l'Afrique est également visible sur ces peintures comme le relève Hervé Lobé. Selon ce comédien et peintre en effet, il est important que l'artiste ait voulu "faire ressortir la tradition africaine à la vue par exemple de ce mortier qui est utilisé par nos mamans ".
Jusqu'au 18 octobre prochain, les personnes intéressées par la peinture pourront admirer ces tableaux. Sourd, Ezéchiel Iloga, peint depuis toujours ; c'est depuis 2002 qu'il a pu se faire une place parmi les plasticiens qui exposent leurs œuvres au Centre culturel français de Yaoundé.
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