Directeur de la Publication Alain Blaise Batongue
   

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SUPPLEMENT SPORT | 05 Sep 2008
Fécasavate : Coups de pieds entre Emmanuel Essissima et Ali Adji
Des combats de leadership font des vagues pour le contrôle de la fédération camerounaise de savate.
Angui Mangan

Tout part d'une correspondance signée en date du 10 juillet dernier, par le président de la Fédération camerounaise de savate, Emmanuel Essissima, et adressée au président de la Fédération internationale de savate, Gilles Le Duigou. Dans la correspondance, il était question pour le président de la Fécasavate, d'attirer l'attention du président international, d'abord sur le fait qu'il ait pris connaissance de la lettre de nomination qui promettait son compatriote au poste de président de la confédération africaine de savate. Mais aussi, il voulait à travers ladite correspondance, signifier au président international que si la savate a pu décoller au Cameroun, c'est grâce à ses multiples sacrifices, parfois au détriment de sa propre famille. En conséquence, "Vous avez lâché la proie pour l'ombre. Cela est de votre droit. Mais sachez qu'au Cameroun, Essissima a toujours travaillé sans l'aide de qui que ce soit. C'est le minimum que j'exige de vous et c'est plus honnête", estime-t-il dans sa correspondance au président de la fédération internationale de savate.

Réagissant à la correspondance du président de la Fécasavate, le président de la fédération internationale écrit : "Ma réponse à votre e-mail fut de vous rappeler les valeurs de notre sport devant être mises en œuvre chaque jour, dans nos actes. Plus encore, par les élus que par les athlètes du fait de nos responsabilités. Dans ce courrier, je vous avais rappelé mon amitié envers vous du fait que je vous connais depuis plus de vingt ans et vous ai côtoyé comme athlète de haut niveau en France ". Vous semblez dans votre e-mail, ne plus vouloir vous occuper de la savate, aussi, le bureau de la Fédération internationale de savate, ne vous connaît plus comme président de la fédération camerounaise de savate. De même, conformément à nos statuts (titre III, article 10, alinéa 8), vos fonctions et votre investissement dans d'autres sports "pieds-poings", ne vous permettent pas de garder la fonction de président de la fédération camerounaise de savate, précise Gilles Le Duigou.

Intrigues
Dans le même ordre d'idée, dans une correspondance référencée GLD/JC/'478 datée du 14 août dernier, le président de la Fédération internationale de savate écrit à Ali Adji. "Monsieur le président de la confédération africaine de savate, dans le cas où la fédération camerounaise serait dans l'impossibilité de procéder à la nomination du président de la fédération camerounaise, soit par nomination d'un président (intérimaire) en attendant les prochaines élections, je vous sollicite, par votre statut de président de la confédération africaine, pour encadrer ce changement", peut-on lire dans la correspondance dont Mutations a pu obtenir copie.

Une disposition qu'Emmanuel Essissima qualifie de "conspiration" pour l'éjecter de son siège. "C'est une campagne organisée par Ali Adji, pour me déstabiliser. Il est allé jusqu'à demander au ministre de m'enlever, en faisant croire au président international qu'il a des entrées dans les sillages du président de la République, et qu'il peut mieux promouvoir la Fécasavate. C'est pratiquement la même chose qu'il a faite à la Presby, où, on l'a finalement expulsé. S'il est président de confédération, qu'il présente, ne serait-ce que le procès verbal de l'Assemblée constitutive avec ses membres de bureau. Sinon, comment comprendre que pour un continent qui compte cinquante et deux pays, quatre seulement soient affiliés ? "lance en fulminant presque, le président de la Fécasavate, qui poursuit : "Je voudrais préciser que la Confédération africaine de savate n'existe pas. Elle est encore au stade de projet dont monsieur Ali Adji a été mandaté pour suivre. Donc, pour l'instant, rien n'est définitif", déclare indigne, Emmanuel Essissima.

Pourtant, à écouter Ali Adji, il y a plus d'une dizaine de fédérations affiliées à la Confédération africaine de savate. "J'ai beaucoup de respect pour Me Essissima parce que c'est lui qui m'amène à ce niveau du sport. Mais je ne comprends pas toutes ses allégations aujourd'hui. Sinon, je tiens à rappeler qu'on a déjà plus de dix fédérations affiliées au niveau de la confédération. On peut citer, entre autres, le Nigeria, le Mali, la Tunisie, le Maroc, le Rwanda, la Libye, le Niger et la Rdc", déclare-t-il. Le malaise est donc dans la maison des pratiquants de savates. Et nul ne peut prédire, à l'heure qu'il est, le dénouement de ce bras de fer entre le président de la Fécasavate et le président de la confédération africaine de savate. En attendant, une conférence de presse est annoncée par le président de la Fécasavate mardi, 9 septembre prochain.
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