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| Directeur de la Publication p. i. Alain Blaise Batongue |
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» Quotidienmutations
INSTITUTIONNEL | 06 Sep 2007
Marc Maes : L’Union européenne ne va pas augmenter les droits de douane.
Le représentant de la coupole des Ong de développement en Flandre (Belgique) pense que la non signature des Ape au 31 décembre 2007 ne saurait s’assimiler à un séisme. Propos recueillis par Priscille G. Moadougou, à Accra
Vous prenez part à la 10e réunion annuelle du réseau Afrique sur le Commerce à Accra. Pour quelles raisons votre structure soutient-elle les pays africains dans la campagne contre les Accords de partenariat économique (Ape)? Le regroupement d’organisations non gouvernementales que je représente à Accra est une plate forme de la société visant à soutenir le développement durable. Nous nous sentons donc responsables des actes que notre gouvernement pose et essayons d influencer la politique de notre pays dans certains domaines. Pour ce qui est des Ape, nous pensons que l’Union européenne, en complicité avec notre pays la Belgique, est sur la mauvaise voie. L’instrument choisi pour construire de nouvelles relations économiques avec les Acp est une mauvaise idée. Car, les Ape se basent sur l article 24 du Gatt, qui n est pas favorable au développement des pays. Il ne contient donc pas de clause de traitement spécial et différencie. Quand un pays en voie de développement négocie un accord avec un autre pays, il ne peut plus avoir ces flexibilités en se basant sur cet article. Nous voulons donc dénoncer ce volet qui est préjudiciable a l économie des pays Acp.
A votre avis, la signature des Ape est-elle si mauvaise en soi? En réalité, les Ape ne sont pas mauvais. Mais, si on les fonde sur l article 24 du Gatt comme c est le cas en ce moment, on ne peut pas les accepter. L’Union européenne veut amener les pays Acp à faire des choses pour lesquelles ils ne sont pas prêts. Elle prend toutes ces démarches à la légère. Il est difficile de signer des accords tout simplement parce qu il faut parapher les documents. Même si l’Union européenne présente en contre partie une aide, on sait que cette dernière ne sera pas suffisante. Cette aide doit d’ailleurs être profondément reformée. La commission européenne n’a pas la réputation de faire passer des programmes adéquats pour résoudre des problèmes de commerce.
Quels intérêts l’Union européenne a-t-elle à lever ses barrières douanières? Elle avoue avoir des intérêts défensifs par rapport au riz, au sucre. C est d ailleurs pour cette raison qu elle offre des périodes transitoires pour ces produits. L’Union européenne est consciente que le marché africain est important. Si elle ne réussit pas à écouler certains produits ailleurs, elle le renverra sur le continent africain. A titre d’exemple, la recrudescence du poulet sur les marchés africains. C’est le côté offensif qu’elle ne veut pas montrer. Par ailleurs, la libéralisation des services, des investissements et la protection renforcée de la propriété intellectuelle constituent aussi les intérêts offensifs de l’Union européenne. En ayant de nombreux pays qui partagent son point de vue, elle pourra renforcer sa position stratégique a l’Omc en particulier et dans le monde en général. Pourtant, elle fait croire que la signature des Ape est uniquement bonne pour les pays Acp. Or, si tout était clair des le départ, les négociations se feraient sur de bonnes bases.
Malgré les dénonciations de la société civile, ces accords pourraient être signés par les différents chefs d Etats d’ici la fin de l’année… C’est une triste réalité, puisque les gouvernants ne veulent pas risquer leur relation avec l’Union européenne. Il faut reconnaître qu’il est difficile de résister à son bailleur de fonds.
Que se passera-t-il si les pays africains ne signent pas les Ape au soir du 31 décembre 2007? En ce moment, l’Union européenne fait de l’intimidation, en menaçant de réduire l’aide dans ces régions de moitié pour ceux qui ne signeront pas les Ape et au quart pour ceux qui le feront. Ce n est pas normal. Cette attitude contredit les Accords de Cotonou. Il est impossible de signer des accords quand on ne connaît pas les bénéfices qu’on engrangera concrètement. Dans ces conditions, il est impossible d aboutir a de bons accords, puisqu ils ne reflètent pas la volonté de ceux qui doivent les accepter. Si les Ape ne sont pas signes d ici le 31 décembre 2007, nous ne sommes pas surs que quelque chose va se passer le 1er janvier 2008. Les choses continueront normalement. Sur le plan politique, il est impossible que l’Union européenne augmente les droits de douane sur les exportations d un groupe de pays dans lequel on retrouve la plupart des pays les moins avances. Une telle décision ira a l encontre de la politique de libéralisation que la commission veut promouvoir.
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