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Un fait un jour

18 Nov 2009
Bello Bouba Maïgari : Entre réflexe d’opposant et souci de cohérence

Le ministre d’Etat en charge des transports veut faire peser son expérience sur la balance.

Les conflits de compétences dans coordination de la mise en place de Cameroon Airlines Corporation (Camair Co) ne datent pas d’aujourd’hui. A l’époque où Gounoko Haounaye assumait les fonctions de ministre des transports, une guerre larvée l’opposait déjà au ministre des finances, Essimi Menyé et au ministre de l’Economie, du plan et de l’aménagement du territoire, Louis Paul Motazé. Le quatrième larron dans cette bataille aurait pu être le ministre des domaines et des affaires foncières, chargé de la gestion du patrimoine de l’Etat. Mais le titulaire du poste, Pascal Anong Adibimé n’avait certainement pas voulu mettre son nez dans le panier à crabes. Toujours est-il que cette cacophonie gouvernementale a débouché sur la démission du directeur général de Camair Co, Gilbert Mitonneau.

La nomination d’un nouveau ministre des transports à la faveur du remaniement ministériel du 30 juin dernier, en l’occurrence Bello Bouba Maïgari, n’a pas changé grand-chose à la donne. Alors qu’on se félicitait déjà du retour au bercail du Dja, une réunion de crise est venue rappeler les grains de sable qui se sont glissés dans l’engrenage de Camair Co. Le ministre des transports, qu’on situe à l’origine de cette concertation chez le Pm, ne lésine manifestement sur la stricte observance de la répartition des tâches dans la conduite de ce dossier. Bello Bouba Maïgari tiendrait à jouer son rôle de tutelle technique jusqu’au bout. Dans l’entourage du ministre, l’on déplore surtout que le dossier Camair Co soit resté jusque là la seule affaire du ministère des finances et de celui de l’Economie.

En même temps, on assure que le projet a déjà assez traîné à cause des guerres de positionnement et autres incompréhensions. Chaque maillon de la chaîne doit ainsi jouer son rôle et rien que son rôle, car l’aviation civile n’est pas un domaine qui s’accommode de l’amateurisme et de la précipitation. Un plan stratégique monté au Mintransports pour le démarrage de Camair Co aurait ainsi déposé sur la table du conseil d’administration de la compagnie. Bello Bouba Maïgari est réputé familier des dossiers dits de souveraineté. Ce diplômé de l’Ecole nationale d’administration et de magistrature (Enam) a assumé de hautes fonctions notamment dans les services de renseignement sous le règne d’Amadou Ahidjo.

Sous Paul Biya, il a été premier ministre avant de prendre les chemins de l’exil suites aux convulsions politiques liées à la transition au sommet de l’Etat. Depuis son retour au gouvernement en 1997 comme ministre d’Etat, ministre du développement industriel et commercial, le président national de l’Union nationale pour la démocratie et le progrès (Undp) n’a plus quitté le gouvernement.
Il a ainsi occupé le fauteuil de ministre d’Etat, ministre des postes et télécommunications avant d’hériter du maroquin des transports. Ceux qui le connaissent le présente comme un administrateur civil au sens de l’Etat poussé, mais également une bête politique à la rancune tenace. Dans le conflit qui se dessine entre lui et le ministre des transports, le chef de l’Etat, seul maître du jeu, est appelé à trancher.

G.A.B

   
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