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Communication

20 Nov 2009
Epilogue : L’Upf interpelle le gouvernement gabonais

Au sortir des Assises hier à Yaoundé, l’Union a dénoncé les entraves à la liberté de la presse au Gabon et a attribué le prix de la liberté d’expression à Tv+.

Le ton avait déjà été donné par le président international de l’Union internationale de la presse francophone (Upf), Alfred Dan Moussa, mardi 17 novembre dernier à l’ouverture des 41èmes Assises de l’Upf. Les quelques 200 professionnels des médias et responsables de la presse écrite et audiovisuelle présents à Yaoundé dans le cadre cette grand-messe de la presse francophone qu’a abrité le Cameroun pour la première fois, l’ont réaffirmé ce jeudi 19 novembre, au sortir des travaux : il faut dépénaliser les délits de presse. Parce que la liberté d’information est un droit fondamental de l’homme, si «on l’étouffe, on peut étrangler toutes les autres», a affirmé le secrétaire général international de l’Upf, Georges Gros.

C’est pourquoi, à l’unanimité, les participants ont à nouveau revendiqué la suppression de la peine privative en matière de délit de presse «supposé». C’est d’ailleurs l’une des trois résolutions prises au sortir de ce colloque de trois jours qui s’est essentiellement penché sur les notions d’éthique et de déontologie du journalisme à l’heure du Web. D’une même voix donc, les journalistes étrangers et nationaux ont demandé «la levée des interdictions arbitraires de parution, d’émission et de vente qui frappent certains médias». Une demande adressée certes aux gouvernements francophones en général, mais surtout au gouvernement gabonais dont les représentants n’ont pas manqué, lors de ces assises, de dénoncer les entraves à la liberté de la presse dans leur pays depuis l’arrivée au pouvoir d’Ali Ben Bongo (journalistes arrêtés et menacés, radios et télévision fermées etc.).

Histoire commune
Est-ce par solidarité que le Prix de la libre expression a été décerné à la chaîne gabonaise Tv+, qui avait été fermée le 30 août dernier ? Non, a indiqué le président de l’Union. «Par cette attribution, l’Upf montre ce que coûte l’exercice du métier avec rigueur, avec professionnalisme», a déclaré Alfred Dan Moussa. Dans la même lancée, l’Union a appelé les Etats à «renforcer» et à «vivifier» les organes d’autorégulation dans les pays où ils existent et d’en créer là où ils font défaut. Et s’il est de bon ton de dénoncer les dérapages observés dans la presse, l’Upf, par la voix de son secrétaire général Georges Gros, demande de «prendre toutes les mesures pouvant mettre un terme aux violations des droits d’auteur et d’éditeur en matière de débats sur le support Internet».

Des attentes qu’a pris note le ministre de la Communication (Mincom) Issa Tchiroma Bakary qui présidait la cérémonie de clôture de ces assises hier au palais des Congrès. «Aucun journaliste n’est emprisonné au Cameroun en fonction de sa ligne éditoriale (sic). Les journalistes étrangers doivent repartir du Cameroun avec l’image que le Cameroun est un pays où il fait bon vivre pour les journalistes», a déclaré le Mincom, en guise de réponse au président de l’Upf. Mais, comme pour témoigner de la volonté du gouvernement camerounais à répondre aux attentes exprimées par l’Union, Issa Tchiroma Bakary et Georges Gros ont scellé leur collaboration par une poignée de mains. «Le Cameroun est un pays résolument engagé sur la voie de la démocratisation (…), marquée par le pluralisme et la liberté de ton des médias.

Vous avez vu l’image que reflète le Cameroun. J’espère que vous saurez en porter témoignage une fois de retour dans vos pays», a déclaré le Mincom.
Pour le président de la section camerounaise de l’Upf, Alain Blaise Batongué, l’on peut se réjouir de la bonne tenue de ces Assises ; ce d’autant plus que «jamais la presse n’a été aussi présente dans les médias écrits et audiovisuels que ces derniers jours. Nous l’avons fait. Les 41èmes Assises ont eu lieu à Yaoundé. Cela ferra partie de notre histoire commune». Au moment où le rideau tombait sur les travaux de Yaoundé, Issa Tchiroma Bakary a souhaité aux journalistes de joindre l’utile à l’agréable en leur souhaitant une bonne excursion qui débute ce jour dans l’arrière-pays.

Réactions
Nta à Bitang, 2è vice-président de l’Ujc
Les échanges ont été fructueux
«Une bonne partie du conseil exécutif de l’Ujc (Union des journalistes du Cameroun, Ndlr) a été invitée à ces Assises. J’ai été particulièrement comblé parce que la quinzaine de communications qu’on a suivie a vraiment permis de discuter avec les confrères. Les échanges étaient fructueux, des résolutions fortes ont été prises, notamment celle interpellant le gouvernement à la suppression des peines privatives de liberté en ce qui concerne les délits de presse, à ne pas confondre avec la dépénalisation car quand on dit dépénalisation, on a l’impression que les journalistes demandent à être au-dessus des lois, ce qui n’est pas le cas. Le combat que mène l’Upf est celui de l’Ujc: c’est de supprimer ces peines. Il y a également eu des contacts noués avec certains confrères et des responsables de certaines associations étrangères. J’espère que l’Ujc pourra capitaliser cela pour mieux approfondir ces contacts et faire bénéficier à certains de ses membres, les retombées de ces contacts.»

Jean Kouchner, rédacteur et professeur à l’université de Montpellier
L’Upf va lutter pour la dépénalisation de la presse
«Ces Assises ont été globalement positives. Je suis content parce qu’il n’y a pas eu de tabous : on a abordé toutes les questions qui se posaient et qui sont à la fois relatives à l’éthique et à la déontologie des journalistes. En même temps, on a dit qu’il ne fallait pas confondre ces dérives avec la réalité du développement d’une presse plurielle, critique et libre. Toutefois, je crois que c’est une étape. Ce n’est pas parce qu’on a pris des résolutions à l’unanimité disant qu’il fallait une certaine autorégulation par les médias eux-mêmes avec les citoyens, parce qu’on travaille d’abord pour les citoyens, qu’on est aujourd’hui content. Il faut continuer à agir partout, ici au Cameroun mais aussi dans les autres pays. L’Upf, dans son ensemble, doit faire en sorte qu’il n’y ait plus par exemple, de condamnation à la prison pour des confrères journalistes. Et même s’ils sont redevables devant la justice, ils ne doivent pas être mis en prison de façon péremptoire, parfois en garde à vue sans jugement. Il faut donc dépénaliser les délits de presse en ce sens là. Donc, nous ne resterons pas en repos car à chaque fois que se présentera, on interviendra pour essayer de l’empêcher.»

Programme
Vendredi 20 novembre
Excursion : Foumban

Samedi 21 novembre :
- Visites de groupes
- Courses individuelles
- Premiers départs

Dimanche 22 novembre
- Courses individuelles
- Derniers départs
Patricia Ngo Ngouem

   
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