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Institutionnel

20 Nov 2009
Célébration : L’avenir de la presse africaine au scanner

Le débat est ouvert à l’occasion du trentenaire du quotidien Le Messager.

«Pourquoi le Messager n’est leader que parce qu’il a trente ans d’existence ?», s’interroge un journaliste au colloque. Sa préoccupation dénote de l’ambiance quelque peu conflictuelle qui prévaut depuis mercredi 18 novembre, au stade Mbappé Leppé, lieu qui abrite les activités marquant le trentenaire du quotidien de la Rue des Ecoles. Sous le chapiteau qui abrite les travaux du colloque dont le thème porte sur «l’avenir de la presse africaine 20 ans après la chute du mur de Berlin et à l’heure de la globalisation», le public est assez hétéroclite. Journalistes, étudiants ou simplement amoureux du paysage médiatique se donnent la réplique sur l’objet des échanges. Ils ont ainsi matière à débattre grâce aux interventions des personnes ressources telles qu’Omar Belhouchet, journaliste, par ailleurs directeur de publication du quotidien algérien «El watan». Ce dernier édifie son auditoire sur les raisons avantageuses de la presse algérienne, notamment le quotidien El watan. Un journal de 32 pages qui enregistre un tirage journalier de 160.000 exemplaires. De quoi faire pâlir d’envie, les tabloïds locaux qui peinent à tirer 5000 exemplaires par jour.

Alpha Blondy
Les journalistes camerounais présents ne peuvent contenir leur exaspération quant au contexte qu’il juge «peu favorable à l’essor de la presse au Cameroun», notamment les médias privés. La confidence de Jean Paul Mbia, membre de la commission de répartition de l’aide publique aux médias privés ne semble pas baisser d’un cran la récrimination des hommes de médias vis-à-vis du gouvernement en place. Ce dernier révèle pourtant que d’ici 2010, il est possible que les médias privés soient subventionnés à hauteur d’un milliard de Fcfa, bien loin des 150 millions Fcfa actuellement disponibles.
Manifestement loin de susciter l’espoir des journalistes, la communication de M. Mbia a tôt fait de créer un climat de suspicion, notamment sur la volonté de l’Etat d’avoir un plus grand contrôle sur les médias. Plus tard dans la soirée du mercredi, l’arrivée de Laurent Dona Fologo, président du Conseil économique et social de la Côte d’Ivoire et représentant du président ivoirien Laurent Gbagbo, va donner au colloque une tournure politique.
Entre deux plaidoyers sur les raisons d’un probable report des élections présidentielles dans son pays, M. Fologo a évoqué le problème des journaux de partis politiques et des «journaux alimentaires», pour des journalistes tout aussi intéressés.

Les échanges sur l’avenir des médias africains se sont poursuivis le lendemain, jeudi 18 novembre. Pour cette journée, les principaux intervenants ont été confrontés à la virulence de Parfait Bell, ancien secrétaire général de l’Union journalistes du Cameroun (Ujc). Ce dernier a décrié la «présence par intermittence» des journalistes du quotidien Le Messager, notamment son directeur de publication, Pius Njawe, qui s’active à d’autres tâches de l’organisation, explique la modératrice des échanges, Isabelle Calabre, journaliste. Une absence remarquée qui témoigne, selon M. Bell, du peu d’importance que ces derniers accordent à leur trentième anniversaire. L’artiste engagé Joe la Conscience et plusieurs autres curieux ont tout à tour défilé sous l’arbre à palabre organisé par le Messager sur l’avenir de la presse écrite au Cameroun. Le clou de la célébration c’est ce vendredi 20 novembre à travers une soirée de gala à Douala Bercy. Des prestations d’artistes de renom tels qu’Alpha Blondy, sont prévues.

Monique Ngo Mayag

   
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