20 Nov 2009
Chrono : Quel gotha du football mondial ?
Le match retour des barrages des qualifications à la Coupe du monde de football 2010 zone Europe, qui s’est disputé mercredi soir dernier au stade de France entre la France et l’Irlande et s’est soldé par un match nul (1-1) qui qualifie les Bleus, va inéluctablement relancer le débat sur l’introduction ou non de la vidéo dans la prise des décisions au cours des rencontres officielles de football. Car l’Irlande a été proprement volée l’autre jour, le but égalisateur de la France étant entaché d’une double faute de main flagrante de deux joueurs français, Squillaci et Henry. La France, grande nation reconnue du foot, a d’ailleurs souvent eu du mal à se qualifier sereinement sur le terrain pour la Coupe du monde : après avoir été absente des éditions 1990 et 1994, elle obtint le droit de disputer celle de 1998 en tant que pays organisateur, qu’elle remporta du reste à domicile. En 2002, le détenteur du trophée qu’elle était fut stoppé net au premier tour.
En 2006, elle se qualifia déjà de justesse et dans la douleur, ce qui ne l’empêcha pas de disputer la finale et de manquer de peu de la remporter. Voici que pour 2010, elle se fait aider par un mauvais arbitre… Personnellement, je suis de ceux qui sont opposés à l’usage de la vidéo dans les faits de jeu, parce qu’elle ouvrirait inéluctablement la voie à des querelles à n’en plus finir et pourrait ainsi dénaturer ce beau sport de balle que les Anglais inventèrent au 19ème siècle et qui fait encore chavirer aujourd’hui des millions de personnes dans tous les coins et recoins de la planète terre. S’arrêter pour aller consulter le ralenti de l’action sur vidéo, pour chaque situation litigieuse, nous semble en effet très fastidieux, contre-productif et de nature à tuer complètement le jeu qu’on appelle football. Faudrait-il utiliser la vidéo uniquement sur les buts contestés ? Ce serait tout aussi injuste, puisque même une rentrée de touche mal attribuée par le juge de ligne ou un accrochage non sifflé vers le rond central peut avoir des conséquences incalculables et irrémédiables sur le sort d’un match de football.
Que faire donc ? Les instances qui organisent le football, de la Fifa aux fédérations nationales en passant par les confédérations continentales, doivent réprimer sévèrement les actes délibérés destinés à fausser le résultat d’un match ou d’une compétition. Les critiques contre la Fifa se sont accentuées au sein de l’opinion publique internationale depuis le hold-up français de mercredi soir, les fonctionnaires de Zurich étant fortement soupçonnés de tout arranger en coulisse pour favoriser la qualification de certaines «grandes nations» supposées à la prochaine phase finale de la Coupe du monde. Je suis réservé par rapport à cette thèse, parce qu’il m’est difficile de croire, par exemple, que lors de la Coupe du monde ‘’France 98’’, l’instance faîtière du football mondial avait plus d’intérêt à voir le Chili qualifié pour le second tour à la place du Cameroun. Or, vous savez que le Cameroun fut bien éliminé, par la seule faute de l’arbitre du match, le tristement célèbre Lazlo Wagner, qui refusa cyniquement deux buts limpides à François Omam-Biyik.
La Fifa gagnerait seulement à rassurer davantage les partenaires du football, en prenant des mesures fortes, fermes et immédiates en cas de flagrant délit. A ce sujet, son communiqué publié après les incidents qui se sont produits au Caire avant le match Egypte-Algérie, où trois joueurs algériens furent blessés dans leur bus, a laissé plus d’un observateur sur sa faim. Cette violence sur des joueurs adverses présents sur un territoire étranger a eu des conséquences sur le match du 14 novembre (maintenu par la Fifa), puisque le pays hôte a pu rétablir l’équilibre (marquant son deuxième but à la 95ème minute, tout de même !) qui a conduit à l’organisation d’un match d’appui sur terrain neutre. Heureusement qu’il y a parfois une justice immanente dans les histoires du football, et l’Algérie a remporté ce match d’appui joué mercredi dernier au Soudan…
D’autres pays volés sur le terrain n’ont pas eu cette chance, comme l’Irlande mercredi dernier et le Cameroun en juin 1998. L’arbitre du match Chili-Cameroun fut radié à vie, avait-on appris ; celui de France-Irlande pourrait connaître le même sort, mais l’injustice sportive, elle, ne sera plus jamais réparée. Nous sommes contre les extrémismes, qui veulent par exemple qu’on dilapide des arbitres combinards ou qu’on achève des joueurs qui marquent des buts contre leur camp. Mais la Fifa –c’est bien son rôle de réglementer la pratique saine du football dans le monde- doit sanctionner avec plus de vigueur les pays qui manquent de respect à leurs visiteurs et les hommes en noir (les arbitres n’ont jamais mérité autant cette appellation) qui faussent délibérément les rencontres. Ne serait-ce que pour dissuader les éventuels imitateurs de ces mauvais exemples. Parce que faire partie du gotha du football mondial, c’est aussi le démontrer –sans polémique- sur le terrain.
Par Emmanuel Gustave Samnick
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