20 Nov 2009
Assemblée nationale : La loi de Finances au pas de course
La Commission des Finances a cinq jours pour examiner les budgets d'une cinquantaine de départements ministériels et assimilés.
Quatre vingt dix minutes après l'heure prévue hier après midi pour le démarrage des travaux de la Commission des Finances et du budget de l'Assemblée nationale, c'était encore le "black out" dans la salle des Commissions du 2ème étage du palais de verre de Ngoa Ekellé. La faute ç ce début tardif des travaux qui devait consacrer l'examen au fond du budget de l'Etat pour l'exercice 2010, la tenue d'un conclave des élus Rdpc au siège de cette formation politique au palais des congrès de Yaoundé. Alors que les autres membres de la Commission, issus des autres formations politiques se trouvaient déjà sur le lieu des travaux depuis 14 heures.
On peut d'ailleurs comprendre la durée des travaux du groupe Rdpc convoqué, comme il est de coutume en début de session budgétaire, par son président Jean Bernard Ndongo Essomba, par les difficultés rencontrées la veille lors de l'examen du projet de loi portant loi de règlement de la République du Cameroun pour l'exercice 2008. Des difficultés, que certains au sein de l'hémicycle n'hésitent pas à qualifier "d'incident majeur" concerne notamment la demande faite au ministre des Finances de quitter la salle des travaux, pour permettre à la Commission d'arrêter une position commune sur l'attitude à adopter face aux retards enregistrés dans l'acheminement des documents de travail à l'Assemblée nationale.
Nos sources indiquent en effet que face à une situation qui a été unanimement condamnée par l'ensemble des députés, toutes obédiences politiques confondues, certains à l'instar des élus du Sdf et d'autres ont simplement exigé que la Commission n'examine pas la loi de Finances, compte tenu des nombreux retards que nous nous ne cessons de relever depuis le début de la semaine. Face à eux, "la forte majorité Rdpc" qui était prête à valider lesdits documents. Essimi Menye a dû ronger son frein pendant une heure et trente minutes, selon nos sources pour se voir réadmettre dans la salle des travaux et poursuivre ainsi le défense du projet de loi de règlement de l'exercice 2008.
Compensation On peut d'ailleurs comprendre l'attitude de ces élus, compte tenu de ce que les documents liés à la loi de finances sont arrivés à l'Assemblée nationale le même jour. Et au regard du calendrier de passage des membres du gouvernement devant la Commission des Finances rendu public hier par le secrétaire général de l'institution, la défense des enveloppes budgétaires qui a commencé hier avec les institutions dites de souveraineté (Présidence de la République, Assemblée nationale, services du Premier ministre, Conseil économique et social, Cour suprême…), mercredi prochain est la date butoir pour la clôture de cet exercice. "Le gouvernement veut compenser son retard…", précise un élu.
Une "compensation" qui est faite sur le temps de passage des membres du gouvernement qui est ramené à 90 minutes. La Commission devra par ailleurs travailler tous les jours, y compris le dimanche. L'on enregistrera ainsi ce jour, le passage de sept chefs de départements ministériels au rang desquels ceux en charge de, l'Economie, la planification et l'aménagement du territoire, de la Justice, de l'Energie et l'eau, du Développement urbain et l'habitat, des Transports et des Postes et télécommunications, pour ne citer que ceux là. Un ballet de membres du gouvernement qui va poursuivre au moment où nos sources indiquent que les députés n'ont toujours pas reçu l'ensemble des documents liés à cette loi de finances. En bouclant leurs travaux la semaine prochaine, ils seront probablement dans les délais légaux impartis. Mais pour quel résultat !
Jean Francis Belibi
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