20 Nov 2009
Microfinance : Le crédit du Sahel augmente son capital
Cet établissement vient de faire passer son capital de 800 millions à 2 milliards de Fcfa.
Le Crédit du Sahel a tenu le 14 novembre dernier à Bertoua, deux assemblées générales au cours desquelles des importantes résolutions ont été prises. Lors de la première assemblée ordinaire, dont les membres ont validé le rapport du commissaire au compte et le compte de gestion de la direction générale. Par ailleurs, les actionnaires de cet établissement de microfinance ont également retenu que la direction générale devra accélérer le recouvrement des emprunts non remboursés par les clients au cours de l’exercice 2008.
Selon Kalbassou Daniel, le directeur général de cette structure de microfinance. Cependant, a-ton appris au cours des travaux, le recouvrement de ces créances avance bien, puisque plus de 20% des crédits ont été recouvré en 12 mois. Les 80% restant, a expliqué Aladji Nouhou Boubakary, Directeur général adjoint, sont dus aux «clients qui ont pris des fonds pour investir dans des secteurs comme les marchés publics et d’autres activités, mais qui n’ont pas été libérés à temps par le trésor public». La direction générale, à en croire l’un des membres du conseil d’administration ayant opté pour l’anonymat, devrait alors procéder aux recouvrements forcés, afin de ne pas permettre aux concurrents du Crédit du Sahel d’exploiter cette situation pour mieux s’implanter.
La deuxième assemblée, cette fois-ci extraordinaire, a planché sur la situation du capital social du Crédit du Sahel. Selon le Directeur général, l’établissement aurait reçu une forte pression de la Commission bancaire de l’Afrique centrale (Cobac), laquelle estime que le capital actuel de 800 millions de Fcfa est incompatible avec le volume d’activités et d’affaires menées actuellement par cet établissement de microfinance. Sur ce point, l’assemblée générale extraordinaire présidée par Amadou Moussa a décidé d’augmenter le capital social de 800 millions à 2 milliards de Fcfa. Bertoua, le chef lieu de la région de l’Est qui a abrité les deux assemblées générales, est l’unique ville du soleil levant où l’on retrouve une agence du Crédit du Sahel implanté il y a de cela 3 ans. «On a essayé dans le grand nord et on a vu que ça marche. Pourquoi ne pas étendre le réseau dans le reste du pays, afin d'aider les populations pauvres et travailleuses?» s’interrogeait Isseini Eli, un agent de cette entreprise,lors de l’ouverture de l’agence de Bertoua.
Aujourd’hui, avec cette unique agence, et selon Ismaïla Adama, l’actuel chef d’agence de Bertoua, le Crédit du Sahel tente de venir en aide aux populations de l’Est en matière de développement. Pour preuve, après la campagne d’installation du «village phone» qui vise à faciliter la communication entre les populations villageoises, la dernière descente sur le terrain à Mbitom, localité de l’arrondissement de Bétaré Oya, mais extrêmement enclavée, il a été constaté qu’il existe des milliers des producteurs de grandes quantités de Malheureusement, ces agriculteurs ne bénéficient d’aucun appui ni encadrement et n’arrivent donc pas à écouler leur production. Comme solution, le Crédit du Sahel les a regroupés en 7 groups d’initiative commune (Gic) et une union des Gig qui ont par la suite ouvert des comptes dans cet établissement de microfinance. Sur cette base, à en croire Ismaïla Adama, ils pourront dans les prochains jours bénéficier des crédits de développement, «mission principale» du Crédit du Sahel qui avait été créé par l’élite du grand nord le 12 décembre 2007 pour aider les populations locales qui n’avaient pas accès aux crédits des banques classiques.
Sebastian Chi Elvido
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