20 Nov 2009
Yaoundé : Des sauveteurs sautent sur la Cuy
Ils ont organisé un sit-in hier à l’Hôtel de ville, pour protester contre leur déguerpissement annoncé.
L’esplanade principale de l’hôtel de ville de Yaoundé présentait un décor exceptionnel hier matin. Une centaine de personnes assisses à même le sol, ont investi les lieux vers 8h30, bravant le soleil accablant de la matinée. Silencieux, ils brandissent des pancartes sur lesquelles l’on découvre leurs messages : «Nous voulons un moratoire d’un mois, Monsieur le délégué». En effet, les vendeurs ayant fait le déplacement de l’hôtel de ville font partie du secteur Chaussures et friperie du marché Mokolo à Yaoundé. Mercredi dernier, lors de son déplacement sur ces lieux pour vérifier l’effectivité des travaux de nettoyage du marché, le délégué du gouvernement auprès de la Communauté urbaine de Yaoundé, Gilbert Tsimi Evouna, «à l’aide d’un mégaphone», a confié l’un des commerçants, les a sommés de quitter les lieux dans une semaine.
«Nous sommes venus dire au délégué que nous ne nous opposons à partir. Mais, nous avons emprunté de l’argent et avons acheté des marchandises pour les revendre pendant les fêtes. Qu’il nous accorde un moratoire d’un mois. Soit jusqu’au 3 janvier 2010. Nous quitterons alors les lieux sans pression», a expliqué Dieunedort Tchatat, un autre commerçant. Les commerçants ont tenté de porter leur message au délégué du gouvernement, «de vive voix». Ce qui n’a pas été possible. «Ils nous a fait dire par le policier qui était notre interlocuteur qu’il y allait construire des boutiques dans deux mois. Et que nous allions occuper ces boutiques. Or, elles ne seront plus à notre bourse», s’est plaint Robert Ganang, l’un des commerçants.
En effet, les vendeurs, qui s’estiment à un millier, ont eu pour interlocuteur un élément de la police en service à la Communauté urbaine. Celui-ci est venu leur transmettre le «message porté». Notamment, que les commerçants adressent au délégué une requête dans laquelle ils relèvent leurs doléances. C’est de cette manière que le «mouvement pacifique» d’hier matin à l’hôtel de ville a été dispersé. Toutefois, les vendeurs du marché Mokolo se disent surpris par la décision municipale. Car, «nous ne faisons pas partie des vendeurs ambulants qui ont été déguerpis du marché il y a quelques mois pour la foire de Tsinga. Eux, ils vendaient sur le trottoir», se plaint Robert Ganang, vendeur de chaussures, qui brandit son autorisation de construire son étal. Si les commerçants du marché Mokolo concernés par le prochain déguerpissement négocient encore un moratoire, ils ne pensent pas encore à leur prochaine destination.
Justin Blaise Akono
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