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La semaine

20 Nov 2009
Maigari Bello Bouba : Le politique rattrapé par le devoir

Pour défendre ses missions et prérogatives, le ministre d'Etat en charge des Transports qu'on dit calculateur vient de dénoncer son collègue.

L'opinion le dit affaibli du fait de ses dégringolades successives aux différentes échéances électorales. Cette lecture a été davantage amplifiée à la faveur du dernier remaniement ministériel du 30 juin 2009 avec l'entrée au gouvernement de l'un de ses rivaux et frère de terroir, Issa Tchiroma Bakary comme ministre de la Communication. Et ce, à l'heure où la chronique est au positionnement d'un autre frère du village, Marafa Hamidou Yaya comme possible pièce d'alternance dans la logique de la succession de Paul Biya. Maigari Bello Bouba lui-même, n'en parle en tout cas pas en public.

Du moins, depuis son retour au gouvernement à la faveur d'une alliance entre le Rassemblement démocratique du peuple camerounais (Rdpc) et l'Union pour la démocratie et le progrès (Undp) en 1997. Se contentant de faire savoir lors de ses rares sorties, ses rapports étroits avec le chef de l'Etat dont il dit à l'émission de la Swellaba Fm 105, "Tête d'affiche" en 1999, qu'il est un grand homme d'Etat pour qui, il a du respect. L'ancien Premier ministre de Paul Biya (de1982 à août 1983), a su garder sa qualité de ministre d'Etat dans les gouvernements successifs. Douze ans que cela dure. S'il ne vit pas une nouvelle lune de miel avec son "frère" Paul Biya (puisque tous deux, "fils" de feu Ahmadou Ahidjo), c'est tout comme. Qui se rendent mutuellement service comme ce fut le cas en 1975 lors de la détention politique de René Owona.

Le Premier ministre de l'époque sollicita l'élargissement de son ami auprès du chef de l'Etat par l'entremise du Secrétaire général adjoint de la présidence. Même si, il est vrai, d'aucuns soutiennent que le président l'a politiquement laminé. Est-ce la raison pour laquelle, l'homme ne pose aucun acte qui puisse embarrasser le chef de l'Etat? Possible! Toujours est-il qu'il n'a eu de cesse de répéter à son entourage, qu'il "faut savoir mesurer le rapport de force". Un principe qu'il vient de faire sien en remontant des bretelles au ministre des Finances Essimi Menye qui a commis le crime de l'aise majesté en s'immisçant sans tenir compte des missions et rang du ministre d'Etat qui l'a fait savoir au Premier ministre Philémon Yang. Maigari Bello Bouba sait que le chef de l'Etat est sensible aux questions de respect de la hiérarchie. Un filon qu'il pourrait exploiter à fond.

Manœuvrier
Car, cet homme qu'on dit habile manœuvrier, austère, bien renseigné et ferme, n'a pas supporté de se voir supplanter dans le dossier de la mise en place de Camair Co, une entreprise sous la tutelle de son département ministériel. Une situation qui a aussitôt déclenché un conflit de compétences dans la coordination de la mise en place de Cameroon Airlines Corporation (Camair Co) comme d'ailleurs l'époque où Gounoko Haounaye déjà. Une guerre larvée l'aura opposé aux ministres des Finances, Essimi Menyé et de l'Economie, du Plan et de l'Aménagement du territoire, Louis Paul Motazé. Maigari Bello Bouba rompu à la gestion de ce type de dossiers, a tenu à le faire savoir au risque de provoquer une réunion de crise dans les services du Premier ministre.

Pour ce faire, il a intimé l'ordre aux entreprises sous tutelle du ministère des Transports: Autorité aéronautique et Aéroports du Cameroun, de ne pas se sentir concerner par les protocoles dans le cadre de la convention d'avec Lufthansa Consulting Group. Tout comme des sources indiquent au ministère des Transports qu'il a signifié à son secrétaire d'Etat de ne pas se rendre à la réception du Dja à l'aéroport international de Yaoundé (Nsimalen). Une autre facette de cet homme qui, le 04 janvier 1997, lors du congrès de son parti à Ngaoundéré faisait savoir à son nouvel allié Célestin Bedzigui alors président national du Pal et nouveau Premier vice-président de l'Undp, "qu'il faut toujours, lorsqu'on ne partage pas une manière de faire, faire valoir son opinion".

Le ministre des Transports, qu'on situe à l'origine du conclave qui s'est tenu chez le Pm, ne lésine manifestement sur la stricte observance de la répartition des tâches dans la conduite de ce dossier. Bello Bouba Maïgari déplore surtout que le dossier Camair Co soit resté jusque là la seule affaire des ministères des Finances et de l'Economie. Surtout que le projet semble traîner à cause des guerres de positionnement et autres incompréhensions. Ce que veut rectifier cet administrateur civil principal sorti de l'Ecole nationale d'administration et de magistrature (Enam) ayant par ailleurs assumé de hautes fonctions notamment au secrétariat général de la présidence de la République où il fut en charge des services de renseignements et des prisons à régime spécial sous le règne d'Ahmadou Ahidjo.

S'il a connu l'exil suites aux convulsions politiques liées à la transition au sommet de l'Etat en 1982, l'opinion est loin d'oublier sa ruse contre Samuel Eboua à la tête de l'Undp. On a alors qualifié ce rusé de "régionaliste, incapable d'avoir une autre vision que celle regardant vers le Septentrion". Après l'annonce de sa candidature à la prochaine élection présidentielle de 2011, à la veille du 20 mai 2009 lors de l'installation des responsables des sections Undp, Mfundp et Mjdp des arrondissement de Bertoua 1er, 2e et de Mandjou, le samedi 16 mai 2009, Le président national de l'Undp vient d'ajouter une corde à son arc. Celle qui le présente comme une figure avec laquelle il faudra encore compter après 2011. L'une des plus importantes de l'actuel gouvernement aussi.

Léger Ntiga

   
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