27 Jul 2010
Sdf : Un responsable sanctionné
Accusé de corruption, le secrétaire à l’Education et à la Formation ne pourra plus postuler à aucun poste au sein de ce parti.
Les membres du Comité exécutif national (Nec) du Social Democratic Front (Sdf), réunis les 24 et 25 juillet derniers à la résidence de son leader à Ntarikon à Bamenda, n’ont pas du tout été cléments à l’endroit d’un de leurs pairs. C’est ainsi que pour trancher dans une affaire qui était pendante depuis quelque temps devant cette instance, ils ont décidé, dans une très grande majorité, de sanctionner Louis Shallo, membre élu du Nec et secrétaire national à l’éducation et à la formation au Sdf. D’après des informations proches du Nec, il est interdit à ce dernier de postuler à un poste électif au Sdf pour une durée indéterminée.
Une sanction qui a pour origine des indélicatesses commises par Louis Shallo durant les législatives et municipales de 2007. Selon nos sources, Louis Shallo était représentant du Sdf au sein de la commission départementale de supervision desdites élections dans le département du Fako à Limbé. On lui reproche d’avoir été absent lors des derniers travaux de cette commission, ce qui aurait permis au Rassemblement démocratique du peuple camerounais (Rdpc), parti au pouvoir et concurrent, de remporter les trois sièges de député mis en jeu. Tout comme certaines sources, toujours à l’intérieur du Sdf, le suspectent d’avoir perçu une somme de 15 millions de FCFA pour favoriser la victoire du Rdpc.
Pendant plus de cinq heures d’horloge, Louis Shallo a été entendu par une commission disciplinaire au Nec, présidée par Paul Tchatchouang, membre du Nec et ancien vice-président à l’Assemblée nationale. Le Nec s’est donc transformé pour la circonstance en juge-du fait que Louis Shallo en est membre- pour écouter celui qu’on dit avoir ‘‘vendu’’ son parti. Le présumé a bénéficié de l’assistance de deux avocats, membres du Sdf, qui ont tenté de plaider sa cause, en estimant qu’il était innocent : «Le principal accusé a affirmé qu’il y a eu des contacts entre le Rdpc et lui, mais qu’il n’a à aucun moment perçu ce qu’on lui a proposé», a déclaré un membre du Nec au sortir des assises du week-end dernier. Quoiqu’il en soit, sur les deux chefs d’accusation qui pesaient contre lui, à savoir la corruption et l’absence à la commission de supervision, ses homologues du Nec lui ont infligé une sanction. Surtout qu’ils ont reconnu qu’il a été coupable de corruption et de comportement insupportable.
En plus de ce cas d’indiscipline, les membres du Nec présents à Bamenda ont évoqué les préparatifs du congrès du Sdf, prévu en octobre prochain dans le chef-lieu du département de la Mezam. A ce sujet, ils ont mis des fiches de candidature à la disposition des responsables régionaux. Tout en les invitant à faire tenir les primaires dans des conditions libres et transparentes. Par ailleurs, le lendemain dimanche, le Chairman du Sdf, John Fru Ndi, a travaillé avec quelques membres d’une commission dite de stratégie pour faire plier le régime Rdpc au sujet d’Election Cameroon : «Les décisions prises sont secrètes. M. Fru Ndi se chargera de les rendre publiques le moment indiqué. Nous allons accélérer la contestation par rapport à Elecam qui, à nos yeux, ne peut pas garantir des élections libres et transparentes au Cameroun», a poursuivi notre source. Huit autres points prévus à l’ordre du jour du Nec ont été renvoyés à la session du 28 août prochain à Bamenda dont la question sur le programme économique du Sdf (Nesprog). Après Pierre Kwemo (premier vice-président au Sdf) et Serge Siméon Noumba (député), le Sdf vient une fois de plus d’interdire à l’un de ses responsables de se porter candidat à une éventuelle élection, en interne.
Michel Ferdinand, à Bamenda
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