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Vivre aujourd'hui

02 Sep 2010
Bernard Fotsing : ‘‘Sauveteur’’ averti

Il réalise des économies dans le petit commerce pour envoyer ses enfants à l’école.

Il y est arrivé faute de poursuivre ses études. Il y a dix huit ans, celui qui rêvait d’être un maçon qualifié, a finalement rangé son stylo à bille pour se lancer dans le secteur informel. Il avait dix-sept ans. Agé de 35 ans aujourd’hui, Bernard Fotsing ne croit pas s’être mal orienté. L’élève de 3ème année F4 ou maçonnerie au Collège d’enseignement technique, industriel et commercial (Cetic) à Loum dans le Moungo, à défaut d’attraper une truelle au pied d’un mur, gère son quotidien, tranquillement, en offrant aux usagers des chaussures qu’il achète lui aussi auprès des importateurs de friperie.
Un commerce qui se porte plutôt bien, à en croire Bernard Fotsing qui a appris, dans la même période, à sillonner différentes places de marché. «Je me sens bien dans ce que je fais. Je pense que j’ai grandi et ne devrais plus trop demander aux parents», répond-il sans regret. Il parle d’ailleurs avec insistance pour dire qu’un père de famille comme lui ne devrait pas croiser les bras. Qu’il ne devrait pas attendre des autres pour nourrir plusieurs bouches : «Mes enfants vont à l’école, grâce à l’activité que je mène», précise-t-il.

Cette année, la première fréquentera le Cours moyen 2, tandis que les autres prendront place sur les bancs respectivement au Ce2, au Cp et à la maternelle. Quatre enfants, le nombre ne semble pas suffisant pour quelqu’un qui projette en avoir six, en se donnant tous les jours des moyens pour partir de Bafoussam où il réside, et appâter des clients dans l’espoir d’avoir un preneur qui s’intéresse à sa marchandise. «J’encadre aussi mes sœurs cadettes, même si elles vivent avec les parents. C’est une charge supplémentaire qu’il faut supporter. On n’y peut rien», ajoute Bernard Fotsing.
L’an dernier, il reconnaît avoir dépensé 65.000 Fcfa pour faire fréquenter sa progéniture. Au même moment, il déboursait la moitié pour ses cadettes. Des montants qui augmenteront cette année scolaire, surtout avec l’entrée en scène de la benjamine de la famille. Pour ce faire, Bernard Fotsing croit avoir le secret de sa réussite : vendre plus et consommer moins. Vendre sans se soucier de ce qu’il va se rincer la gorge dans le bar d’à côté.

M.F.

   
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