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Vivre aujourd'hui

02 Sep 2010
Dschang : Timide rentrée au marché de la friperie

Des commerçants attendent désespérément des clients qui trainent le pas.

Le couloir qui donne vers le marché ‘‘B’’ à Dschang, ne grouille pas de monde le mardi, 31 août 2010. Juste quelques usagers qui regardent des ‘‘articles’’ sur des présentoirs et se renseignent sur les prix. Ce qui semble insignifiant pour un jour de petit marché, comme on aime à le qualifier dans le coin, c’est-à-dire un jour de rendez-vous, avec plus ou moins grande affluence.
Toute chose qui a poussé Robert Kenfack, spécialisé dans la vente des vêtements de second choix, à somnoler dans l’attente d’un éventuel client. Entre l’étalage des marchandises à 7h et midi, il en a reçu deux qui sont repartis sans acquérir la moindre étoffe : «Le marché ne tourne pas comme je l’ai souhaité. C’est mort. Les clients demandent et ne prennent rien», regrette M. Kenfack. Alors que l’an dernier, il s’est bien frotté les mains dans la même période, en dépassant les prévisions. Surtout qu’il pouvait faire une recette journalière oscillant entre 13.000 et 16.000 FCFA. «Il y a des moments comme ça. C’est aussi ça le marché», se console-t-il.

Les clients quant à eux, ne manquent pas de raison: «Ils doivent vendre en tenant compte de la bourse. Il y en a qui exagèrent. Je viens d’acheter deux pantalons en Jeans à 2.000 francs, alors qu’on les a taxés à 6.000 FCFA. Vous comprenez que dans ces conditions, ils auront du mal à vendre tout ce qui est disposé là», rétorque Pauline Vomo, institutrice à la retraite. Sur le marché, le prix de vente a un lien direct avec le coût d’achat, notamment quand des commerçants expliquent que les importateurs ont révisé les prix à la hausse. Le montant du dédouanement en dépend. Non loin de ce comptoir, le jeune Christian Téné, 18 ans, élève dans un lycée de la place, mise sur le contenu de son porte-tout pour préparer une rentrée scolaire qui commence lundi prochain. A la différence de M. Kenfack, il a opté pour la vente des cartables sortis des ballots de friperie, en provenance d’Europe.
Il faut débourser 2.000, 3.000 ou 7.000 FCFA pour avoir une pièce. Sans avoir une idée réelle de ce qui pourra être la recette de la journée, Christian ne s’en plaint pas trop. Même s’il ne vend qu’un seul sac, il sait que le reste retournera à la boutique de son père. «Je peux vendre dix ou quatorze par semaine. Ce n’est pas peu, quand ça permet de diminuer le stock en boutique», affirme-t-il. Non sans reconnaître que les clients discutent beaucoup. C’est sans doute la période.

A l’approche de la rentrée scolaire, des marchandises doublent pratiquement le prix. Puisque que le commerçant n’ignore point que les parents les achèteront à tout prix, parce que tenus par les délais. «Je vends, je perds. Venez me tromper». C’est en ces termes qu’innocent Fongang attire la petite clientèle qui tourne autour d’un pan de la tribune de fête à Dschang. Un endroit où des vendeurs de chaussures de second choix ont décidé de s’établir, afin d’être plus visibles par rapport à un couloir de marché ‘‘B’’ très restreint et incapable de contenir des jeunes qui ont trouvé leur filon dans le petit commerce. Il y en a pour tous les goûts et toutes les pointures.

Et c’est peut-être le coût qui détermine la position du client. Des baskets au simple cuir, ça se discute dans la fourchette 5.000-18.000 FCFA.
«Et même jusque-là, rares sont les clients qui en prennent. C’est pénible. J’ai même envie de changer de secteur pour vendre des vêtements», regrette Pierre Atsafack qui dit ne pas trouver son compte.Au-delà de la morosité qui entoure le marché de la friperie en ce moment, la majorité des commerçants à Dschang pense que dès la semaine prochaine, en pleine rentrée scolaire, tout ira mieux. Et qu’ils écouleront la plupart d’articles qu’ils ont sous la main. D’autant plus qu’ils maîtrisent les habitudes qui veulent qu’on les accule le dernier jour.

Michel Ferdinand, à Dschang

   
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