02 Sep 2010
Revendication : Des personnels communaux réclament un statut particulier
Ils l’ont fait savoir au cours d’une rencontre tenue à Bafoussam.
Les personnels en service dans les communes au Cameroun, à savoir les secrétaires généraux, fondés de pouvoir, receveurs et autres, n’ont aucune garantie dans la sécurité de leur emploi. Même les lois de 2004 sur la décentralisation, ne leur aménagent pas un couloir dans ce sens. Puisque le maire, chef de l’exécutif communal, a la possibilité de les licencier et d’en informer, tout simplement, la hiérarchie. Afin de réparer cette «injustice», la Fédération nationale des syndicats des travailleurs des collectivités décentralisées du Cameroun (Fentedcam) mene un plaidoyer visant à doter ces personnels d’un statut particulier. Une réflexion dans ce sens a été engagée le 1er septembre dernier à Bafoussam, lors d’un séminaire atelier. Il s’est agi pour la cinquantaine de participants, cadres communaux en activité à l’Ouest, de débattre afin d’enrichir un avant-projet de statut préparé par un expert commis à cet effet.
Ils ont ainsi revisité un document de quatre-vingt onze articles, qui sera bientôt porté à l’attention du gouvernement pour validation. Le même document comporte un profil de carrière, les conditions d’accès à cette profession, les droits et les obligations des parties contractantes, une grille de salaire etc. Par exemple, les personnels communaux de la catégorie ‘‘A’’ pourront être rémunérés mensuellement, par le Fonds spécial d’intervention intercommunal (Feicom), à hauteur de 580.389 Fcfa, selon l’ancienneté et diverses indemnités. Aujourd’hui, ils touchent moins de la moitié. Parce que ce corps est assez particulier, des aménagements ont été faits pour adopter une catégorie dite ‘‘E’’ pour la plupart des agents communaux qui ne se retrouvent pas dans la classification de la fonction publique au Cameroun: «Tant que nous ne serons pas protégés, les pouvoirs donnés aux maires vont nous écraser. La Fentedcam a pris les devants pour que ce statut soit adopté et signé pour le bien des travailleurs communaux», explique Philippe Njifon, président national de la Fentedcam.
Le plaidoyer que conduit la Fentedcam bénéficie d’un appui du Programme d’appui à la structuration de la société civile au Cameroun (Pasoc). Il a pour ambition la promulgation d’un décret sur le statut de ces personnels, d’amener les pouvoirs publics à déterminer des modes et taux de rémunération de ceux-ci par voie réglementaire et de déclencher le processus de négociation et de signature d’une convention collective des collectivités territoriales décentralisées (Ctd) au Cameroun. La rencontre de Bafoussam est la première d’une série qui va s’étendre prochainement dans les régions du Nord-Ouest, du Littoral et du Centre. A la fin des travaux, les participants ont organisé une marche pacifique qui les a conduits dans les services du gouverneur de l’Ouest, à l’effet de lui remettre une copie de l’avant-projet de statut des employés des Ctd. En l’absence du gouverneur, M. Njifon a voulu porter cette copie à l’endroit du secrétaire général de la même région, M. Nlend Likeng. Mais, à la surprise de tous, le Sg a demandé à son particulier de s’en occuper.
Michel Ferdinand
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